Après une réunion d'équipe le vendredi après-midi qui a finalisée la première semaine de boulot, nous sommes parties en taxi pour organiser le week-end.
Non, déjà avant, je suis allée avec Emilie, ma collègue monitrice éducatrice, visiter une pouponnière dans un quartier de Bamako, qui a ouvert il y a 2 mois. C'est un institut géré par la fondation de l'enfance, marrainé par la première dame du Mali. On nous a fait visiter les lieux et notamment les dortoirs des bébés qui ont de 3 jours à 20 mois. La directrice aurait bien apprécié l'aide ponctuelles de professionnelles de la petite enfance pour former le personnel malien sur les techniques de maternage et de prise en charge au quotidien. Seulement après réflexion, ce n'est pas vraiment le projet que l'on espérait avec Emilie puisque nous faisons déjà ce travail à la crèche. Je vais donc voir par la suite ou pourquoi pas m'orienter vers une autre association humanitaire à Bamako, y'en a beaucoup!
Alors je reviens sur la préparation du week-end: Emilie, moi et Alexia sommes allées rejoindre Amidou (un serveur de l'auberge Djamilla) et Jean (un français rencontré dans l'avion à Casablanca). Ils étaient prêts et nous attendais. Nous avons donc pris tous nos gros sacs dont la tente 2 seconds très pratique à transporter. Le taxi nous a amenés à la gare de Bamako où les bus pour aller à Siby se retrouvent là bas. Enfin y'a pas qu'eux, y'a aussi tous les racolleurs qui se jettent sur les taxis (donc les touristes) pour nous orienter vers un bus. Ensuite le chauffeur de ce bus leur donna une pièce pour les rémunérer de leur geste. Le bus était rempli et il faisait chaud mais nous pouvions écouter du bon reggae pour bien commencer ces 2 jours et demi! Enfin nous quittions Bamako et les inconvénients d'une grande ville: la pollution, la circulation pour nous diriger vers la campagne Africaine et la brousse..! Les paysages défilaient...les maisons de fortunes seront bientôt remplacées par des huttes et des paysages verdoyant. Au fond, des montagnes rouge se dessinaient. Les gens dormaient presque tous dans le bus mais moi j'avais les yeux écarquillés, dirigés vers la fenêtre. Nous avons fait une pause de 10 min dans une petite ville. Là des gens se sont rués vers le bus pour nous vendre de l'eau dans des sacs en plastiques, des fanta, des pâtisseries. Puis nous avons passés 2 « barrages » constitués de bidons cabossés..c'était assez drôle!
Enfin après une heure de route nous voilà à Siby et nous commençons à chercher un endroit pour camper dans la nature parce qu'il est déjà tard, la nuit va bientôt tomber. Donc nous nous enfonçons dans la brousse, traversons des villages typiques Africains avec des huttes, c'était vraiment chouette, je me serai cru dans le village de Kunti (de mon spectacle de marionnettes africain) mais en grandeur nature! Les montages autours étaient magnifiques, toutes rouges et la nature d'un vert flamboyant! Au dessus de nous, l'Arche où nous devions monter le lendemain. Les photos parlent d'elles-mêmes..Finalement, nous sommes arrivés à trouver un champ pour nous poser, accompagné d'un villageois en vélo. Seulement nous avions pas de quoi manger pour le soir, Amidou demande donc à cet homme de nous ramener à manger, moyennant finance. Une fois le campement installé, l'homme nous ramena des morceaux de moutons grillés que nous avons mangé, accompagné d'un rhum avec du jus de mangue. Mais le temps menace et bientôt la pluie arriva. Bref, nous nous sommes retrouvés à dormir à 5 dans une tente de trois personnes étant donné que la pluie avait trempée la deuxième tente..!
Après cette nuit humide, nous nous dirigeons vers le marché de Siby qui se déroule chaque samedi matin. Nous rencontrons pleins de femmes, d'hommes et d'enfants avec des produits pour vendre au marché, notamment des femmes portant des énormes « balayettes » faites de foin sur la tête et des filles portant sur la têtes des récipients remplis de citrons verts. Nous troquons donc les bouteilles en verre, vides de la veille, par des citrons verts. Arrivés au marché de Siby, nous faisons nos emplettes pour le week-end: au menu arachides, beignets d'oignons, des morceaux de mouton crus, de l'eau, du jus de mangue, un melon jaune. Nous attendons ensuite Fanny, une amie de l'auberge Djamilla et notre guide pour aller jusqu'à la cascade Djendjeni. Elle arriva de Bamako vers 12h30 et nous entamons donc notre périple à 13h. S'ensuive 5h de marche dans la brousse en traversant 3 villages authentiques, dans le sable, la terre, et les cailloux. Des souvenirs mémorables! Notamment lorsque je suis allée voir une femme qui puisait l'eau d'un puit. Elle m'a proposé de le remonter le saut, l'eau était bonne et fraîche! Les gens nous saluent en français ou en nous le disant en Bambara :« ani tié ».Nous avons longé des champs de cotons, d'arachide, des palmiers, des arbres karité, toujours avec les explications d'Amidou. La route a été longue à vrai dire, mais formidable! Après sêtre perdus 2 fois, nous retrouvons notre chemin et découvrons la pancarte « bienvenue à Djendjeni »..à 18h30! Quelle joie! Surtout quand nous avons découvert l'endroit: une cascade magnifique, une piscine naturelle mais presque surnaturelle tellement c'était joli, avec tous ces palmiers et ces blocs de pierres ocres...on se serait cru dans un décor d'Indiana John's à Eurodisney!
Après une baignade bien méritée, un repas copieux et une soirée idyllique, la fatigue se fait ressentir..Nous posons la tente 2 secondes sur un rocher et attendons patiemment le jour le lendemain matin pour profiter de l'endroit paradisiaque. Dimanche donc a été une journée de rêve, à se baigner, faire des sauts des rochers, se rafraîchir dans des marmites d'eau tiède sous une chaleur étouffante..!les coups de soleil sur mes épaules me le rappellent!Puis vers 13h, les deux garçons et Emilie se sont décidés pour repartir à pied direction Siby. Les courbatures de la veille et le mal de ventre m'ont incité à partir avec Alexia et un couple de Français, venus avec un guide, dans un 4/4 qui offrait seulement 2 places. Sur le trajet, nous les avons retrouvés, bien fatigués. J'ai donc échanger ma place pour faire 7km avec eux, jusqu'à ce qu'un autre 4/4 nous prenne, par chance et nous ramène à Bamako. Nous rejoindrons les collègues à l'auberge. Une petite bierre Castel après cette grande aventure nous a fait du bien. Tout le monde a été ravi du week-end, sportif et ressourçant pour bien reprendre la semaine de boulot. Enfin ça y est, nous sommes dans la maison tant attendue que la directrice nous a réservé, tout équipé avec 3 chambres, 2 salles de bain et un grand salon. La cuisine se fera dehors, sur une grosse bombonne de gaz, le linge à la main.
Je suis fatiguée, je vais me coucher...que d'émotions! Bonne nuit! |